Le chantier de Rarotonga et ses plaisirs…

Rarotonga & bricolage

Le 18/05/2017.

Nous avons loué un scooter, l’engin le plus prisé et adapté pour circuler ici. Les crinières flottent au vent, puisque le port du casque n’est pas obligatoire!

Celui-ci nous permet ainsi de rejoindre au plus vite le village situé à 2km lorsqu’une envie pressante se manifeste. Au chantier pas de douche, ni de toilettes, aussi mieux vaut être motorisé en cas de besoins… Parfois l’urgence nous conduit dans le plus beau chiotte du monde ( comme dit Marco) les pieds dans le sable et l’eau, face au Pacifique… Et puis le scooter nous permet aussi de visiter et sillonner Rarotonga, de rejoindre les lagons pour nager un peu en fin de journée… La douceur de l’ île, nous porte à ralentir notre rythme bricolage pour profiter davantage de ce lieu. Des montagnes verdoyantes, des pics et pitons émergent sur ce petit bout de terre perdue au milieu du Pacifique. La luxuriance à l’état brut engloutit les rares chemins qui rejoignent les sommets, il faut donc se frayer un passage dans cette végétation dense pour y accéder. Les ruisseaux et cascades ne sont pas sans nous rappeler les Marquises. Dans cette eau douce on y trouve même quelques chevrettes ( sorte de crevettes au goût exquis).

Des plages de sables blancs forment le pourtour de l’île, protégées par un reef à certains endroits, ce qui en fait un lieu idéal pour nager. L’eau turquoise, avec une température des plus plaisantes, nous permet de se délasser et d’oublier un moment le chantier.

Notre frigo ne marche plus ou au risque de foutre en l’air tout notre circuit électrique. Marco se penche sur ce problème. A son avis, le ventilateur est mort. Il le démonte et se rend au magasin sans grand espoir. En effet, ici pour trouver la bonne pièce il faut être le plus gros des cocus. Donc pas de pièce dans le magasin… Par un concourt de circonstance, il se rend dans une casse et le type lui montre un vieil ordinateur, il l’invite à le démonter… Et oh surprise, il trouve le même ventilateur à l’intérieur. Il le greffe à notre frigo et d’un coup de baguette, il remarche ! Alors là je suis scootchée ! Ces petites choses me font croire à la magie de la vie et me mettent en joie.

Je me rappelle qu’aux îles Marquises Marco avait été sollicité pour réparer le frigo d’un local. Il avait réussi à le faire marcher, du coup, plein de gens du village venaient lui demander de venir voir leur frigo… Il doit avoir une vocation : celle de frigoriste ! Mais je lui en accorde d’autres…

L’opération ménage tire enfin à sa fin, nous avons dû déloger quelques bestioles, araignées, fourmis, guêpes maçonnes et aussi des geckos ( très sympas, mais ils chient partout et de préférence dans le linge!!!)

Nous commençons à attaquer la coque du bateau, quelques petites bulles d’osmose à poncer et traiter avant de mettre un primaire puis 2 couches d’antifouling.

On s’occupe du mât tant qu’il est encore à terre : le peindre, monter les câblages, changer les feux de navigation…

Je viens de terminer de poncer et traiter toute la boiserie extérieure… Le chantier avance donc bon train.

Les prévisions météo ne sont de toute façon guère favorables pour envisager une remise à l’eau. En fin de semaine une tempête tropicale semble se diriger sur nous. Le port étant très exposé, mieux vaut rester à terre.

Keith nous disait qu’avec ces tempêtes, il faut parfois évacuer le port et trouver refuge sous le vent de l’île, le temps que celles-ci passent. Il n’est pas rare de devoir attendre plus de 2 ou 3 jours à la cape ou au moteur…

Nos 2 Français (du trimaran), eux, envisagent de profiter de ces vents pour remonter vers Tahiti ! La tempête génère en principe des vents de Nord; ils seront donc plus au portant, mais ils risquent fort de se prendre une bonne dégelée : une occasion pour tester leur mât de fortune tout juste mis en place !!!

Nous, nous préférons rester tanqué sur nos étais dans le jardin en attendant que ça passe…

Le 22/05

La tempête est là de secteur Sud en rafales violentes, c’est la nuit. Les feuilles de bananiers à l’arrière du bateau viennent fouetter le cul de Tidoudou. Nos cabines et nos têtes sont situées justement à l’endroit des impacts. Notre perchoir à moineau est secoué, ça claque de toute part. Mais quelque part nous sommes heureux d’être à terre. Au réveil, je m’empare du coupe-coupe et taille furieusement et sans pitié toutes les feuilles des pauvres bananiers. Le vent tourne peu à peu à l’Est, le temps reste gris, pluvieux et venté. Demain le vent change encore de secteur pour venir dans l’axe redouté par tous les voiliers qui sont au port : au Nord.

Les 2 mecs Français du trimaran, au mât de fortune, ont décidé de partir pour Tahiti ce soir afin de ne pas être fracassé par la houle qui va rentrer dans le port. Nous en sommes malade pour eux… Tout le monde est atterré par leur décision, mais chacun a son libre choix.

« La seule chance qu’ils ont: est qu’un gros navire de l’armée se trouve là en ce moment » nous dit le mécano. Laissant ainsi sous entendre qu’ils pourront avoir des secours… A 5h ils lèvent l’ancre nous irons les saluer en portant l’espoir qu’ils ne leur arrivera rien!

La pluie de ce ces derniers temps nous permet de repérer tous les endroits de fuite par les hublots. Nous les recollons à nouveau… Le mât attend le beau temps pour la finition de peinture, et la mise en place du câblage… La coque a reçu sa couche de primaire, reste l’antifouling que nous mettrons juste avant la mise à l’eau. Nous attendons la fin du mauvais temps en s’adonnant encore à maints bricolages pour rejoindre le port, peut être en fin de semaine ?

1 Commentaire

  1. Christian dit : Répondre

    salut. Ce trimaran ne viendrait pas de Sète par hasard? Si c’est celui-là, il s’appelait « fine mouche » avant, et c’est un copain qui l’a reconstruit il y a quelques années et c’est un super bateau…. J’espère qu’il étalera le gros temps…
    Allez, bon vent à Tidoudou et à ses amoureux!

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